Французская поэзия


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Шарль Бодлер (Charles Baudelaire) (1821-1867)
французский поэт, критик, эссеист и переводчик



Перевод стихотворения Spleen (J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans) на английский язык.



Spleen



I hold more memories than a thousand years.

a chest of drawers crammed full of souvenirs,
accounts and love-notes, warrants, verses — where
from bills of sale fall coiling locks of hair —
guards not more secrets than my heart of woe,
a burial-vault whose coffins lie arow,
a potters' field that death has filled too soon.
— I am a graveyard hated by the moon,
where creeping worms trail slowly as remorse,
fiercely destroyed each belovèd corpse.

I am a room where faded roses lie
and gowns of perished fashions multiply,
with none but ladies in pastel to share
the musk from some old jar forgotten there.

no days so lame as all the days I know
while, crushed by years of ever-falling snow,
boredom, dull fruitage of my apathy,
waxes as vast as immortality.

henceforth, o living cells, ye sleep, a womb
faint shudders pierce, a cold grey cliff of doom
lost in a misty desert far away,
— a drowsy sphynx, forgot by all today,
uncharted avatar, whose tameless heart
sounds only when the day's last fires depart.

Перевод: Льюис Пьяже Шанкс (1878-1935)


Оригинал на французском языке

Spleen (J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans)


J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
— Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité.
— Désormais tu n’es plus, ô matière vivante !
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d’un Saharah brumeux ;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.


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