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Шарль Бодлер (Charles Baudelaire) (1821-1867)
французский поэт, критик, эссеист и переводчик



Перевод стихотворения Danse Macabre на английский язык.



The Dance of Death



Carrying bouquet, and handkerchief, and gloves,
Proud of her height as when she lived, she moves
With all the careless and high-stepping grace,
And the extravagant courtesan's thin face.

Was slimmer waist e'er in a ball-room wooed?
Her floating robe, in royal amplitude,
Falls in deep folds around a dry foot, shod
With a bright flower-like shoe that gems the sod.

The swarms that hum about her collar-bones
As the lascivious streams caress the stones,
Conceal from every scornful jest that flies,
Her gloomy beauty; and her fathomless eyes

Are made of shade and void; with flowery sprays
Her skull is wreathed artistically, and sways,
Feeble and weak, on her frail vertebræ.
O charm of nothing decked in folly! they

Who laugh and name you a Caricature,
They see not, they whom flesh and blood allure,
The nameless grace of every bleached, bare bone,
That is most dear to me, tall skeleton!

Come you to trouble with your potent sneer
The feast of Life! or are you driven here,
To Pleasure's Sabbath, by dead lusts that stir
And goad your moving corpse on with a spur?

Or do you hope, when sing the violins,
And the pale candle-flame lights up our sins,
To drive some mocking nightmare far apart,
And cool the flame hell lighted in your heart?

Fathomless well of fault and foolishness!
Eternal alembic of antique distress!
Still o'er the curved, white trellis of your sides
The sateless, wandering serpent curls and glides.

And truth to tell, I fear lest you should find,
Among us here, no lover to your mind;
Which of these hearts beat for the smile you gave?
The charms of horror please none but the brave.

Your eyes' black gulf, where awful broodings stir,
Brings giddiness; the prudent reveller
Sees, while a horror grips him from beneath,
The eternal smile of thirty-two white teeth.

For he who has not folded in his arms
A skeleton, nor fed on graveyard charms,
Reeks not of furbelow, or paint, or scent,
When Horror comes the way that Beauty went.

O irresistible, with fleshless face,
Say to these dancers in their dazzled race:
"Proud lovers with the paint above your bones,
Ye shall taste death, musk-scented skeletons!

Withered Antinoüs, dandies with plump faces,
Ye varnished cadavers, and grey Lovelaces,
Ye go to lands unknown and void of breath,
Drawn by the rumour of the Dance of Death.

From Seine's cold quays to Ganges' burning stream,
The mortal troupes dance onward in a dream;
They do not see, within the opened sky,
The Angel's sinister trumpet raised on high.

In every clime and under every sun,
Death laughs at ye, mad mortals, as ye run;
And oft perfumes herself with myrrh, like ye;
And mingles with your madness, irony!"

Перевод: Фрэнк Пирс Штурм (1879-1942)


Оригинал на французском языке

Danse Macabre


       À Ernest Christophe

Fière, autant qu'un vivant, de sa noble stature,
Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants,
Elle a la nonchalance et la désinvolture
D'une coquette maigre aux airs extravagants.

Vit-on jamais au bal une taille plus mince ?
Sa robe exagérée, en sa royale ampleur,
S'écroule abondamment sur un pied sec que pince
Un soulier pomponné, joli comme une fleur.

La ruche qui se joue au bord des clavicules,
Comme un ruisseau lascif qui se frotte au rocher,
Défend pudiquement des lazzi ridicules
Les funèbres appas qu'elle tient à cacher.

Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres,
Et son crâne, de fleurs artistement coiffé,
Oscille mollement sur ses frêles vertèbres.
Ô charme d'un néant follement attifé.

Aucuns t'appelleront une caricature,
Qui ne comprennent pas, amants ivres de chair,
L'élégance sans nom de l'humaine armature.
Tu réponds, grand squelette, à mon goût le plus cher !

Viens-tu troubler, avec ta puissante grimace,
La fête de la Vie ? ou quelque vieux désir,
Éperonnant encor ta vivante carcasse,
Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ?

Au chant des violons, aux flammes des bougies,
Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,
Et viens-tu demander au torrent des orgies
De rafraîchir l'enfer allumé dans ton coeur ?

Inépuisable puits de sottise et de fautes !
De l'antique douleur éternel alambic !
A travers le treillis recourbé de tes côtes
Je vois, errant encor, l'insatiable aspic.

Pour dire vrai, je crains que ta coquetterie
Ne trouve pas un prix digne de ses efforts ;
Qui, de ces coeurs mortels, entend la raillerie ?
Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts !

Le gouffre de tes yeux, plein d'horribles pensées,
Exhale le vertige, et les danseurs prudents
Ne contempleront pas sans d'amères nausées
Le sourire éternel de tes trente-deux dents.

Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette,
Et qui ne s'est nourri des choses du tombeau ?
Qu'importe le parfum, l'habit ou la toilette ?
Qui fait le dégoûté montre qu'il se croit beau.

Bayadère sans nez, irrésistible gouge,
Dis donc à ces danseurs qui font les offusqués :
" Fiers mignons, malgré l'art des poudres et du rouge,
Vous sentez tous la mort ! Ô squelettes musqués,

Antinoüs flétris, dandys, à face glabre,
Cadavres vernissés, lovelaces chenus,
Le branle universel de la danse macabre
Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus !

Des quais froids de la Seine aux bords brûlants du Gange,
Le troupeau mortel saute et se pâme, sans voir
Dans un trou du plafond la trompette de l'Ange
Sinistrement béante ainsi qu'un tromblon noir.

En tout climat, sous tout soleil, la Mort t'admire
En tes contorsions, risible Humanité,
Et souvent, comme toi, se parfumant de myrrhe,
Mêle son ironie à ton insanité ! "


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