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Ãëàâíàÿ • Ñòèõè ïî òåìàì Ïîýòû ïî ïîïóëÿðíîñòè • Top 100 ñòèõîòâîðåíèé Ïåðåâîä÷èêè |
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Ëóèçà Ëàáå (Louise Labé) (1522-1566)
D’vn tel vouloir le serf point ne désire La liberté, ou son port le nauire, Comme i’attens, helas, de iour en iour De toy, Ami, le gracieus retour. La, i’auois mis le but de ma douleur, Qui fineroit, quand i’aurois ce bon heur De te reuoir : mais de la longue atente, Helas, en vain mon désir se lamente. Cruel, Cruel, qui te faisoit promettre Ton brief retour en ta premiere lettre ? As tu si peu de memoire de moy, Que de m’auoir si tot rompu la foy ? Comme ose tu ainsi abuser celle Qui de tout tems t’a esté si fidelle ? Or que tu es aupres de ce riuage Du Pau cornu, peut estre ton courage S’est embrasé d’une nouuelle flame, En me changeant pour prendre une autre Dame : Ià en oubli inconstamment est mise La loyauté, que tu m’auois promise. S’il est ainsi, et que desia la foy Et la bonté se retirent de toy : Il ne me faut emerueiller si ores Toute pitié tu as perdu encores. Ô combien ha de pensee et de creinte, Tout à par soy, l’ame d’Amour esteinte ! Ores ie croy, vù notre amour passee, Qu’impossible est, que tu m’aies laissee : Et de nouuel ta foy ie me fiance, Et plus qu’humeine estime ta constance. Tu es, peut estre, en chemin inconnu Outre ton gré malade retenu. Ie croy que non : car tant suis coutumiere De faire aus Dieus pour ta santé priere, Que plus cruels que tigres ils seroient, Quand maladie ils te prochasseroient : Bien que ta fole et volage inconstance Meriteroit auoir quelque soufrance. Telle est mo foy, qu’elle pourra sufire À te garder d’auoir mal et martire. Celui qui tient au haut Ciel son Empire Ne me sauroit, ce me semble, desdire : Mais quand mes pleurs et larmes entendroit Pour toy prians, son ire il retiendroit. I’ay de tout tems vescu en son seruice, Sans me sentir coulpable d’autre vice Que de t’auoir bien souuent en son lieu D’amour forcé, adoré comme Dieu. Desia deus fois depuis le promis terme De ton retour, Phebe ses cornes ferme, Sans que de bonne ou mauuaise fortune De toy, Ami, i’aye nouuelle aucune. Si toutefois, pour estre enamouré En autre lieu, tu as tant demeuré, Si s’ay ie bien que t’amie nouuelle À peine aura le renom d’estre telle, Soit en beauté, vertu, grace et faconde, Comme plusieurs gens sauuans par le monde M’ont fait à tort, ce croy ie, estre estimee. Mais qui pourra garder la renommee ? Non seulement en France suis flatee, Et beaucoup plus, que ne veus, exaltee. La terre aussi que Calpe et Pyrenee Auec la mer tiennent enuironnee, Du large Rhin les roulantes areines, Le beau païs auquel or’ te promeines, Ont entendu (tu me l’as fait à croire) Que gens d’esprit me donnent quelque gloire. Goute le bien que tant d’hommes desirent : Demeure au but ou tant d’autres aspirent : Et croy qu’ailleurs n’en auras une telle. Ie ne dy pas qu’elle ne soit plus belle : Mais que iamais femme ne t’aymera, Ne plus que moy d’honneur te portera. Maints grans Signeurs à mon amour pretendent, Et à me plaire et seruir prets se rendent, Ioutes et ieus, maintes belles deuises En ma faueur sont par eux entreprises : Et neanmoins tant peu ie m’en soucie, Que seulement ne les en remercie : Tu es tout seul, tout mon mal et mon bien : Avec toy tout, et sans toy ie n’ay rien : Et n’ayant rien qui plaise à ma pensee, De tout plaisir me treuue delaissee, Et pour plaisir, ennui saisir me vient. Le regretter et plorer me conuient, Et sur ce point entre en tel desconfort, Que mile fois ie souhaite la mort. Ainsi, Ami, ton absence lointeine Depuis deus mois me tient en cette peine. Ne viuant pas, mais mourant d’un Amour Lequel m’occit dix mile fois le iour. Reuien donq tot, si tu as quelque enuie De me reuoir encor’ un coup en vie. Et si la mort auant ton arriuee Ha de mon corps l’aymante ame priuee. Au moins un iour vien, habillé de deuil, Enuironner le tour de mon cercueil. Que plust à Dieu que lors fussent trouuez Ces quatre vers en blanc marbre engrauez. Par toy, Amy, tant vesqvi enflamee Qv’en langvissant par fev svis consvmmee, Qvi covve encor sovs ma cendre embrazee, Si ne la rends de tes plevrs apaizee. Ëóèçà Ëàáå (Louise Labé) Äðóãèå ñòèõîòâîðåíèÿ ïîýòà:
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