Французская поэзия


ГлавнаяСтихи по темам
Поэты по популярностиTop 100 стихотворений
Переводчики


Пьер-Жан де Беранже (Pierre-Jean de Béranger) (1780-1857)
французский поэт



«Les Clefs du Paradis»


     Air : À coup d’pied, à coup d’poing

    Saint Pierre perdit l’autre jour
    Les clefs du céleste séjour.
    (L’histoire est vraiment singulière !)
    C’est Margot qui, passant par là,
    Dans son gousset les lui vola.
                        « Je vais, Margot,
            « Passer pour un nigaud ;
« Rendez-moi mes clefs, » disait saint Pierre.

    Margoton, sans perdre de temps,
    Ouvre le ciel à deux battants.
    (L’histoire est vraiment singulière !)
    Dévots fieffés, pécheurs maudits,
    Entrent ensemble en paradis.
                        « Je vais, Margot,
            « Passer pour un nigaud ;
« Rendez-moi mes clefs, » disait saint Pierre.

    On voit arriver en chantant
    Un turc, un juif, un protestant ;
    (L’histoire est vraiment singulière !)
    Puis un pape, l’honneur du corps,
    Qui, sans Margot, restait dehors.
                        « Je vais, Margot,
            « Passer pour un nigaud ;
« Rendez-moi mes clefs, » disait saint Pierre.

    Des jésuites, que Margoton
    Voit à regret dans ce canton,
    (L’histoire est vraiment singulière !)
    Sans bruit, à force d’avancer,
    Près des anges vont se placer.
                        « Je vais, Margot,
            « Passer pour un nigaud ;
« Rendez-moi mes clefs, » disait saint Pierre.

    En vain un fou crie, en entrant,
    Que Dieu doit être intolérant ;
    (L’histoire est vraiment singulière !)
    Satan lui-même est bienvenu :
    La belle en fait un saint cornu.
                        « Je vais, Margot,
            « Passer pour un nigaud ;
« Rendez-moi mes clefs, » disait saint Pierre.

    Dieu, qui pardonne à Lucifer,
    Par décret supprime l’enfer.
    (L’histoire est vraiment singulière !)
    La douceur va tout convertir :
    On n’aura personne à rôtir.
                        « Je vais, Margot,
            « Passer pour un nigaud ;
« Rendez-moi mes clefs, » disait saint Pierre.

    Le paradis devient gaillard,
    Et Pierre en veut avoir sa part.
    (L’histoire est vraiment singulière !)
    Pour venger ceux qu’il a damnés,
    On lui ferme la porte au nez.
                        « Je vais, Margot,
            « Passer pour un nigaud ;
« Rendez-moi mes clefs, » disait saint Pierre.


Пьер-Жан де Беранже (Pierre-Jean de Béranger)


Другие стихотворения поэта:
  1. L’Alchimiste
  2. Le Vieux Ménétrier
  3. Les Mirmidons, ou les Funérailles d’Achille
  4. Le Coin de l’Amitié
  5. La Bacchante


Количество обращений к стихотворению: 224


Последние стихотворения



Французская поэзия - dilet@narod.ru