Французская поэзия


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Артюр Рембо (Arthur Rimbaud) (1854-1891)
французский поэт




«Les Effarés»



Los boquiabiertos



   Niños mendigos. Ha nevado.
Al tragaluz iluminado
      los pobres van
porque les trae al retortero
el ver cómo hace el panadero
      el rubio pan.

   Miran la masa gris en torno
del brazo blanco que del horno
      es auxiliar.
   El panadero el buen pan cuece,
la sonrisa en su boca mece
      algún cantar.

   Apretaditos, ni uno alienta
junto al ventano que calienta
      como un regazo.
   Cuando al hacer una ensaimada
saca el pan áureo de la homada
      el fuerte brazo,

   Cuando al cobijo del ahumado
techo, el cuscurro perfumado
      canta muy bajo
   Y a ellos les llega la vaharada
está su alma deslumbrada
      bajo el andrajo.

   Sienten que aquello da la vida
bajo la escarcha a su aterida
      faz de angelotes;
sus hociquitos como rosas
entre las rejas dicen cosas
      a los barrotes.

   Y tanto rezan sus plegarias
al entrever las luminarias
      del cielo abierto,
que desgarran sus pantalones
y hace que tiemblen sus faldones
      el aire yerto.

Перевод: Маурисио Бакариссе (1895-1931)


Оригинал на французском языке

Les Effarés


Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s’allume,
     Leurs culs en rond,

À genoux, cinq petits, — misère ! —
Regardent le boulanger faire
     Le lourd pain blond…

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l’enfourne
     Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
     Chante un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge,
     Chaud comme un sein.

Et quand, pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
     On sort le pain ;

Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées,
     Et les grillons ;

Quand ce trou chaud souffle la vie ;
Ils ont leur âme si ravie
     Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits pleins de givre !
     — Qu’ils sont là, tous,

Collant leurs petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses,
     Entre les trous,

Mais bien bas, — comme une prière…
Repliés vers cette lumière
     Du ciel rouvert,

— Si fort, qu’ils crèvent leur culotte,
— Et que leur lange blanc tremblotte
     Au vent d’hiver…


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