Французская поэзия


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Шарль Бодлер (Charles Baudelaire) (1821-1867)
французский поэт, критик, эссеист и переводчик



Перевод стихотворения La Béatrice на английский язык.



La Beatrice



In a burnt, ashen land, where no herb grew,
I to the winds my cries of anguish threw;
And in my thoughts, in that sad place apart,
Pricked gently with the poignard o’er my heart.
Then in full noon above my head a cloud
Descended tempest-swollen, and a crowd
Of wild, lascivious spirits huddled there,
The cruel and curious demons of the air,
Who coldly to consider me began;
Then, as a crowd jeers some unhappy man,
Exchanging gestures, winking with their eyes—
I heard a laughing and a whispering rise:

"Let us at leisure contemplate this clown,
This shadow of Hamlet aping Hamlet's frown,
With wandering eyes and hair upon the wind.
Is’t not a pity that this empty mind,
This tramp, this actor out of work, this droll,
Because he knows how to assume a rôle
Should dream that eagles and insects, streams and woods,
Stand still to hear him chaunt his dolorous moods?
Even unto us, who made these ancient things,
The fool his public lamentation sings."

With pride as lofty as the towering cloud,
I would have stilled these clamouring demons loud,
And turned in scorn my sovereign head away
Had I not seen—O sight to dim the day!—
There in the middle of the troupe obscene
The proud and peerless beauty of my Queen!
She laughed with them at all my dark distress,
And gave to each in turn a vile caress.

Перевод: Фрэнк Пирс Штурм (1879-1942)


La Béatrice


Dans des terrains cendreux, calcinés, sans verdure,
Comme je me plaignais un jour à la nature,
Et que de ma pensée, en vaguant au hasard,
J’aiguisais lentement sur mon cœur le poignard,
Je vis en plein midi descendre sur ma tête
Un nuage funèbre et gros d’une tempête,
Qui portait un troupeau de démons vicieux,
Semblables à des nains cruels et curieux.
À me considérer froidement ils se mirent,
Et, comme des passants sur un fou qu’ils admirent,
Je les entendis rire et chuchoter entre eux,
En échangeant maint signe et maint clignement d’yeux :

— « Contemplons à loisir cette caricature
Et cette ombre d’Hamlet imitant sa posture,
Le regard indécis et les cheveux au vent.
N’est-ce pas grand’pitié de voir ce bon vivant,
Ce gueux, cet histrion en vacances, ce drôle,
Parce qu’il sait jouer artistement son rôle,
Vouloir intéresser au chant de ses douleurs
Les aigles, les grillons, les ruisseaux et les fleurs,
Et même à nous, auteurs de ces vieilles rubriques,
Réciter en hurlant ses tirades publiques ? »

J’aurais pu (mon orgueil aussi haut que les monts
Domine la nuée et le cri des démons)
Détourner simplement ma tête souveraine,
Si je n’eusse pas vu parmi leur troupe obscène,
Crime qui n’a pas fait chanceler le soleil !
La reine de mon cœur au regard nonpareil,
Qui riait avec eux de ma sombre détresse
Et leur versait parfois quelque sale caresse.


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