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Ãëàâíàÿ • Ñòèõè ïî òåìàì Ïîýòû ïî ïîïóëÿðíîñòè • Top 100 ñòèõîòâîðåíèé |
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Îãþñò Ëàêîññàä (Auguste Lacaussade) (1815-1897) «L’Ombre d’Adamastor» Quelle douleur immense te déchire, Gouffre sans fond, mer aux flots courroucés ! O vague, ô vent, qu’avez-vous à vous dire, Qu’en vous heurtant ainsi vous gémissez ? Quel noir esprit dans vos flancs se déchaîne ? Où prenez-vous ces orageux sanglots ? Sourdes fureurs ! Est-ce démence ou haine ? Flot, qu’as-tu fait à ce vent qui m’entraîne ? Et toi, vent âpre et dur, qu’as-tu fait à ces flots ? Rasant du vol la bouillonnante écume, Hardis oiseaux, pourquoi nous approcher ? Volez, volez, blancs à travers la brume, Vers vos nids d’algue appendus au rocher. Des airs en feu la voix tonne incessante ; L’Océan gronde et répond irrité… O vains efforts de la lyre impuissante ! Mêlant son âme à ta clameur croissante, Qui pourrait dire, ô mer, ta sombre majesté ! Choc vaste et lourd des éléments en guerre Le ciel s’emplit de sinistres splendeurs. Roulant à nous, l’onde, ivre de colère, Ouvre à nos pieds d’horribles profondeurs. Et le jour fuit ! Nous frappant aux visages, L’éclair dans l’eau trace un brûlant sillon ; Et le vent siffle à travers nos cordages ; Et du soleil, là-bas, dans les nuages, L’orbe large et sanglant s’abîme à l’horizon. Mais que t’importe, ô mon vaisseau ! courage ! Vole et bondis sur ta quille d’airain ! Superbe et fort pour affronter l’orage, Ton flanc est libre et ta bouche est sans frein, Coursier des mers à la proue écumante ! Franchis leurs bonds de tes bonds indomptés Emporte-moi sur ta croupe fumante ! Enivre-moi des voix de la tourmente ! La tourmente a pour moi de mâles voluptés ! Et le vaisseau, de sa proue intrépide Fendant la mer, lutte avec l’ouragan ; Et dans sa course il s’anime et, rapide, De son poitrail frappe au front l’Océan. A ses côtés l’onde croule en poussière ; Ses vastes flancs se cabrent dans les airs : Il monte, il tombe, il roule… le tonnerre, Croisant ses feux sur sa verte crinière, Le bat à coups pressés de ses gerbes d’éclairs. O mer féroce ! ô nuit ! clameurs funèbres ! Du Cap dans l’ombre a disparu l’écueil. Mais, tout à coup, pâle, au fond des ténèbres, Comme un fantôme échappé du cercueil, Paraît la lune ! et la brume profonde Flotte et plus dense et plus livide encor ; Et, l’œil errant sur le gouffre qui gronde, Je croyais voir, sur les crêtes de l’onde, Passer dans les brouillards l’ombre d’Adamastor. Géant des eaux ! de ton Cap des Tempêtes Laisse-nous fuir les écueils redoutés ! De l’ouragan qui rugit sur nos têtes Calme d’un geste, o dieu ! les flots domptés. De tes rochers surgis ! et, sur leur cime, Maître obéi, dis à la mer : « Assez !… » — Et je me tus ; et, du fond de l’abîme, Sur l’Océan roulant sourde et sublime, Une voix s’entendit qui nous disait : « Passez ! » Cap de Bonne-Espérance, 1844 Îãþñò Ëàêîññàä (Auguste Lacaussade) Äðóãèå ñòèõîòâîðåíèÿ ïîýòà: Êîëè÷åñòâî îáðàùåíèé ê ñòèõîòâîðåíèþ: 186 |
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