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Эмиль Верхарн (Emile Verhaeren) (1855-1916) «Saint Georges» Ouverte en large éclair, parmi les brumes, Une avenue ; Et Saint Georges, fermentant d’ors, Avec des plumes et des écumes, Au poitrail blanc de son cheval, sans mors, Descend. L’équipage diamantaire Fait de sa chute, un triomphal chemin De la pitié du ciel, vers notre terre. Héros des joyeuses vertus auxiliaires, Sonore d’audace et cristallin, Mon cœur nocturne, oh qu’il l’éclaire, Au tournoiement de son épée auréolaire ! Que j’entende le babil d’argent Du vent, autour de sa cotte de mailles, Ses éperons, dans les batailles ; Le Saint Georges, celui qui luit Et vient, parmi les cris de mon désir, Saisir Mes pauvres bras tendus vers sa vaillance ! Comme un haut cri de foi Il tient en l’air, sa lance, Le Saint Georges ; Il a passé, par mon regard, Comme une victoire d’or hagard, Avec, au front, l’éclat du chrême, Le Saint Georges du devoir Beau de son cœur et par lui-même. Sonnez toutes mes voix d’espoir ! Sonnez en moi ; sonnez, sous les rameaux, En des routes claires et du soleil ! Micas d’argent, soyez la joie, entre les pierres ; Et vous, les blancs cailloux des eaux Ouvrez vos yeux, dans les ruisseaux, À travers l’eau de vos paupières ; Paysage, avec tes lacs vermeils, Sois le miroir des vols de flamme Du Saint Georges, vers mon âme ! Contre les dents du dragon noir, Contre l’armature de lèpre et de pustules, Il est le glaive et le miracle. La charité, sur sa cuirasse, brûle Et son courage est la débâcle Bondissante de l’instinct noir. Feux criblés d’or, feux rotatoires Et tourbillons d’astres, ses gloires, Aux galopants sabots de son cheval, Éblouissent les yeux de ma mémoire. Il vient, en bel ambassadeur Du pays blanc, illuminé de marbres, Où, dans les parcs, au bord des mers, sur l’arbre De la bonté, suavement croît la douceur. Le port, il le connaît, où se bercent, tranquilles, De merveilleux vaisseaux, emplis d’anges dormants Et les grands soirs, où s’éclairent des îles Belles, mais immobiles, Parmi les yeux, dans l’eau, des firmaments. Ce royaume, d’où se lève, reine, la Vierge, Il en est l’humble joie ardente — et sa flamberge Y vibre, en ostensoir, dans l’air ; Le dévorant Saint Georges clair Comme un feu d’or, parmi mon âme. Il sait de quels lointains je viens Avec quelles brumes, dans le cerveau, Avec quels signes de couteau, En croix noires, sur la pensée, Avec quelle dérision de biens, Avec quelle puissance dépensée, Avec quelle colère et quel masque et quelle folie, Sur de la honte et de la lie. J’ai été lâche et je me suis enfui Du monde, en mon orgueil futile ; J’ai soulevé, sous des plafonds de nuit, Les marbres d’or d’une science hostile, Vers des sommets barrés d’oracles noirs ; Seule la mort est la reine des soirs Et tout effort humain n’est clair que dans l’aurore : Avec les fleurs, la prière désire éclore Et leurs douces lèvres ont le même parfum ; Le blanc soleil, sur l’eau nacrée, est pour chacun Comme une main de caresse, sur l’existence ; L’aube s’ouvre, comme un conseil de confiance, Et qui l’écoute est le sauvé De son marais, où nul péché ne fut jamais lavé. Le Saint Georges cuirassé clair A traversé, par bonds de flamme, Le frais matin, jusqu’à mon âme ; Il était jeune et beau de foi ; Il se pencha d’autant plus bas vers moi, Qu’il me voyait plus à genoux ; Comme un intime et pur cordial d’or Il m’a rempli de son essor Et tendrement d’un effroi doux ; Devant sa vision altière, J’ai mis, en sa pâle main fière, Les fleurs tristes de ma douleur ; Et lui, s’en est allé, m’imposant la vaillance Et, sur le front, la marque en croix d’or de sa lance, Droit vers son Dieu, avec mon cœur. Эмиль Верхарн (Emile Verhaeren) Другие стихотворения поэта: Переводы стихотворения на другие языки Количество обращений к стихотворению: 175 |
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Французская поэзия | ||