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Эмиль Верхарн (Emile Verhaeren) (1855-1916) «Les Saintes» Elles sont quatre à me parler : leurs voix d’ailleurs Toutes frêles, entre leurs lèvres lentes, Sont calmantes et réchauffantes, Comme leurs robes et leurs mantes. L’une est le bleu pardon, l’autre la bonté blanche, La troisième l’amour pensif, la dernière le don D’être, même pour les méchants, le sacrifice. Chacune a bu dans le chrétien calice Tout l’infini. Chacune, au long de sa personnelle avenue, Sans rien me dire, est advenue, Avec, en main, la fleur-merveille Cueillie à l’aube et qui conseille Des actions plus belles que tout rêve ; Leur attitude est belle, ainsi qu’un glaive. Et parmi l’or de l’herbe et des étangs Et les marbres des bords, rien ne paraît meilleur Que de les voir se regarder longtemps Et refléter leur mutuel bonheur Dans les miroirs de leurs yeux nus. En guirlande tressée, avec leurs doigts menus, Mains dans les mains et leurs âmes penchées Sur les marais de lie De ma mélancolie, Ensemble, elles se sont approchées. Et la première, avec ses longs cheveux, M’efface au front la rougeur des aveux ; Elle, qui sait ma vie antérieure ! Pieusement, elle écoute me rabaisser moi-même, Me confesser de mes souillures à mon baptême, Et pour chaque péché son doux pardon Est si profond — que c’est elle qui pleure. Sa sœur est blanche, comme un dimanche. Elle est paisible et solennelle, Sans rien qui ne soit pur en elle : Elle nous fait les tranquillement doux, Les inclinés, à deux genoux, Devant la toute misère humaine. Le creux orgueil et l’audace de plaire S’emplument d’or, sur leur théâtre En vain ; et se couronnent de leur haine ; Quand la bonté paraît son cœur silencieux Conquiert si sûrement tous ceux Qui ont souci de leur bonheur et de leur vie, Que c’est elle l’humble, mais la servie. Chaste violemment, malgré son cri charnel, L’amour est si vivant, qu’il se croit éternel. Doucement mère, avec ses doigts d’aurore, L’amante est là, qui fait éclore, En des cerveaux de soir, la lumière fragile ; Elle est celle qui sait les cœurs d’argile Et comme vite, ils se brisent, si ses deux mains Ne les garaient, contre son sein. En robe douce et dont les traînes Lui font aux pieds, comme des ailes, Elle me dit les paroles fidèles : « Je suis belle, comme les fleurs sereines, Je regarde, par la fenêtre de la vie Vers les domaines de la mort, Pour y revivre, un jour, en poussière ravie, Qui t’aimerait encor. Ma maison claire est douce intimement Et les rideaux du blanc silence Tombent sur mon mystère et sur ma vigilance ; Mon pain est fait de pur froment ; J’habite, au loin des grandes routes, Là-bas, parmi les bois, les prés, les voûtes De l’amical feuillage et près de la fontaine. Je fleuris simple et ma fierté, Si timide parfois ou gauchement hautaine, N’est que la pureté de ma clarté. » La dernière des sœurs nous est la charité toute âme, Qui regarde le monde, avec les yeux de Dieu, Pauvre, mais érigeant, entre ses mains, la flamme Et, dans son cœur, les feux Et les glaives de la pitié totale. Elle est, par au delà de la sagesse étale, Celle de l’ardente et divine folie Qui se saigne le cœur et qui se multiplie Comme l’amour du Christ lui-même. Celle, qui ramasse, jusqu’au blasphème, Pour en avoir douceur et peine, L’universelle et non coupable Madeleine, La sublime putain du bien, L’abandonnée aux coups de tous, que rien Ne rebute, ni rien ne rassasie. Par les chemins damnés du monde, Par la contrée atroce et la ville transie Des affolés et des mâchant-la-faim, Elle partage à tous sa passion féconde Pour le total bonheur humain. Elle est l’amante violente, L’usée et des lèvres et des genoux, Celle dont les baisers bouchent les trous Des haillons noirs de la détresse ; Sévère aussi et parfois vengeresse Et guerrière, quand ses drapeaux Volent, dans la révolte et la lumière, Et que son pied, qui casse les tombeaux, En fait surgir une aube au clair et des flambeaux. Elles sont quatre à me parler — Robes chastes et mantes lentes Et plis et franges consolantes — Elles font le tour de mon âme Avec, à travers leurs doigts clairs, la flamme De leur lumière sur mon âme ; Et quand elles auront, dans ma maison, Mis de l’ordre à mes torts, plié tous mes remords Et refermé, sur mes péchés, toute cloison, En leur pays d’or immobile, où le bonheur Descend, sur des rives de fleurs entr’accordées, Elles dresseront les hautes idées, En sainte-table, pour mon cœur. Эмиль Верхарн (Emile Verhaeren) Другие стихотворения поэта: Количество обращений к стихотворению: 170 |
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Французская поэзия | ||