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Альбер Глатиньи (Albert Glatigny) (1839-1873)
À Joseph Kuntz. Espoirs ! ruines écroulées ! Le bonheur avare s’enfuit. Voici ses heures désolées Qui tintent dans la grande nuit. Le vieux château sur les ténèbres Détache son bloc sombre et dur. Un nid rempli d’oiseaux funèbres Hurle dans les fentes du mur. Dans la solitude qui pleure, Nul écho de rire ou de chants ; Mais sur le seuil de la demeure Les sphinx ouvrent leurs yeux méchants, Et, dans cette ruine immense Qui penche sur ses noirs piliers, Le Deuil austère et la Démence Passent, l’un à l’autre liés. Salut, ô mes vieux camarades ! C’est vous dont la voix m’appelait Dans ces menteuses mascarades Où l’éclat de rire râlait ! Voilà qu’il faut se mettre en route, Aujourd’hui plutôt que demain. Soit ! Nous emmènerons le Doute Pour nous divertir en chemin. Certes, la voie est bien déserte, Le chemin n’est pas des plus gais : Pas un seul brin de mousse verte Propice a nos pas fatigués ! Il faut avancer dans la boue Lentement et péniblement ; L’averse en passant nous bafoue, L’hiver nous raille méchamment. Même notre bâton se casse, Et nos vêtements en lambeaux Semblent montrer notre carcasse Au bec sinistre des corbeaux. Là, pas d’auberge bienveillante, Balançant sa branche de houx. ma pauvre âme ! sois vaillante, Car le sort est cruel pour nous ! À chaque ascension perdue Vers le bonheur, nous retombons Brisés sur cette route ardue, Vouée au pas des vagabonds ! Il faut marcher, souffrir sans trêve, Épuiser l’amère liqueur ; L’amour même nous est un glaive Qui se rompra dans notre cœur ; Et les yeux de la bien-aimée, Pour d’autres bons et consolants, De ta blessure mal fermée Feront jaillir des pleurs sanglants. Évite tout ce que l’on aime ; Fuis jusqu’à la fleur, reste seul, Et, dans ton navrement suprême, Drape-toi comme en un linceul. Va sans répit, ô misérable ! Par les ennuis du Sahara. Ta plaie est la plaie incurable Que nul baume ne guérira. Enivre-toi de la souffrance Comme d’autres des printemps verts : Le cadavre de l’Espérance Derrière toi se mange aux vers. Et voici la bonne Folie Ouvrant sa porte à deux battants, Afin que ta douleur oublie Et s’endorme quelques instants ! Альбер Глатиньи (Albert Glatigny) Другие стихотворения поэта: Количество обращений к стихотворению: 247 |
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