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Эдуард Пальерон (Édouard Pailleron) (1834-1899)
Donc, nous aurons passé, l’un à l’autre inconnu, Raillant l’amour d’autrui pour mieux cacher le nôtre, L’un et l’autre muets, attendant, l’un et l’autre, L’aveu pénible et doux qui n’est jamais venu. Pourtant nous nous aimions. — Sous ces paroles lentes Qui tombaient une à une, à regret et si bas, Que d’autres se pressaient à nos lèvres tremblantes, Et comme nous parlions… quand nous ne parlions pas ! Sur notre cœur ému, qui fermait donc nos lèvres ? Comment, même à l’heure où les molles voluptés Tendent leurs pièges d’or, sommes-nous donc restés Rebelles à leurs voix et calmes dans leurs fièvres ? Qui nous faisait railler ? qui nous faisait sourire ? Nous pouvions être heureux, sans notre orgueil maudit ; Nous n’avions pour cela qu’un seul mot à nous dire, Madame, et ce mot-là, nous ne l’avons pas dit… En est-ce assez, et quand plierons-nous les genoux ? Qui tromper à présent, connaissant qui nous sommes ? Voudrons-nous nous aimer ? Parler, l’oserons-nous ? Hélas ! — Jamais. — Hélas ! qui maudiront les hommes, Si le bonheur n’a pas plus souvent pitié d’eux ? Tu m’aimes, je le sais, tu sais que je t’adore, Eh bien, nous passerons l’un près de l’autre encore, Souriants l’un et l’autre et muets tous les deux. Эдуард Пальерон (Édouard Pailleron) Другие стихотворения поэта: Количество обращений к стихотворению: 256 |
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