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Сюлли-Прюдом (Sully Prudhomme) (1839-1907)
Je revenais du Louvre hier. J’avais parcouru les portiques Où le chœur des Vénus antiques Se range gracieux et fier. À ces marbres, divins fossiles, Délices de l’œil étonné, Je trouvais bon qu’il fût donné Des palais de rois pour asiles. Comme j’allais extasié, Vint à passer une pauvresse ; Son regard troubla mon ivresse Et m’emplit l’âme de pitié : — Ah ! m’écriai-je, qu’elle est pâle Et triste, et que ses traits sont beaux ! Sa jupe étroite est en lambeaux ; Elle croise avec soin son châle ; Elle est nu-tête ; ses cheveux, Mal noués, épars derrière elle, Forment leur onde naturelle : Le miroir n’a pas souci d’eux. Des piqûres de son aiguille Elle a le bout du doigt tout noir, Et ses yeux au travail du soir Se sont affaiblis… Pauvre fille ! Hélas ! tu n’as ni feu ni lieu ; Pleure et mendie au coin des rues : Les palais sont pour nos statues, Et tu sors de la main de Dieu ! Ta beauté n’aura point de temple. On te marchandera ton corps ; La forme sans âme, aux yeux morts, Seule est digne qu’on la contemple. Dispute aux avares ton pain Et la laine dont tu te couvres : Les femmes de pierre ont des Louvres, Les vivantes meurent de faim ! Сюлли-Прюдом (Sully Prudhomme) Другие стихотворения поэта: Количество обращений к стихотворению: 201 |
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