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Альбер Глатиньи (Albert Glatigny) (1839-1873)
C’est l’hiver, sais-tu ? l’hiver triste et sombre, La morne saison où le ciel est gris. Les vents orageux soufflent en grand nombre Par un long repos de six mois aigris. Vois le noir aspect de chaque fenêtre ; Les hommes prudents ont, depuis un mois, Sachant que l’hiver allait bientôt naître, Fait provision de coke et de bois. Oh ! la froide bise ! oh ! le temps morose ! Donne-moi tes mains d’enfant. Le grand air Fait plus rose encor ton petit nez rose, Et fouette le sang qui court dans ta chair. L’an passé, j’avais une chatte blanche Frileuse à l’excès, qui sur mes genoux Venait ronronner, lustrant sur ma manche, Avec un grand soin, ses poils longs et doux. Je retrouve en toi ses poses charmantes, Sa câlinerie exquise, ses airs De pencher le cou, ses grâces dormantes, Tout, jusqu’aux reflets de ses deux yeux pers. Venez donc plus près, venez donc, Minette, Que nous admirions ce joli museau Si frais et surtout, surtout, blondinette, Ces cheveux captifs sous un fin réseau. Ainsi que dans l’or l’avare promené Ses doigts amaigris et crispés, je veux Tout le jour, et puis toute la semaine, Promener mes doigts dans tes beaux cheveux ; Dans tes cheveux blonds plus doux que la soie, Diadème ambré plus étincelant Que le clair rayon qui verse la joie Au pré jaune et vert dans l’aube tremblant Laisse gazouiller ta voix enfantine, Je ne clorai pas d’un rire moqueur Ta lèvre pareille aux fleurs d’églantine ; Laisse bavarder ta tête et ton cœur ! Je mourrais d’ennui près d’une savante Qui parle phébus comme les romans, Et j’aime bien mieux les mots qu’on invente Tous les deux, auprès des tisons fumants, Ces mille propos, ces chères bêtises Où les cœurs glacés ne comprennent rien, Et qui défieraient toutes analyses, Mais où je sais voir que tu m’aimes bien. Viens, petite, viens plus près, abandonne Ta main à ma main ; faisons plus étroit L’espace entre nous. — Mais qui donc, mignonne, Dirait qu’en la rue il fait aussi froid ? Альбер Глатиньи (Albert Glatigny) Другие стихотворения поэта: Тема стихотворения: Зима (Hiver) Количество обращений к стихотворению: 214 |
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