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Франсуа Коппе (François Coppée) (1842-1908) «Le Galion» À PAUL ARÈNE À travers la mer tropicale, Sous un soleil à rendre fou, Avec des lingots plein sa cale, Le navire vient du Pérou. Le blason d’Espagne et d’Autriche Palpite sur son pavillon. Vent arrière, pompeux et riche, Il revient, le lourd galion. La rançon de vingt rois voyage Dans son flanc de l’onde émergeant, Et l’écume de son sillage Est comme une sueur d’argent. Sa marche est imposante et fière ; Gonflé d’or, il est tout doré, Des fanaux du château d’arrière Jusqu’au Neptune du beaupré ; Et la caronade qui bâille Au sabord sculpté d’ornements Semble être chargée à mitraille De saphirs et de diamants. Mais, à bord du vaisseau féerique Naviguant sous des cieux sereins, L’immonde virus d’Amérique Infecte le sang des marins. La hideuse floraison pousse, Sans que rien y puisse obvier, Sur le frais visage du mousse Et sur le front brun du gabier. Tous ont les honteuses macules Du poison qui fait son travail ; Les mains sont noires de pustules Du pilote à son gouvernail ; Et, défiguré par un chancre, Songeant qu’il faudra bien, un jour, Rentrer au port et jeter l’ancre, L’amiral a peur du retour. Horreur ! grâce au vent qui l’entraîne, Le sinistre vaisseau-trésor Ramène une double gangrène, La lèpre et le besoin de l’or ; Et pour qu’elle s’y développe De nation en nation, Ces maudits portent à l’Europe L’incurable contagion. Pavillon flottant, tête basse, Ils vont, mornes, dans la splendeur… — Vois ce riche insolent qui passe, Il a la peste dans le cœur ! Франсуа Коппе (François Coppée) Другие стихотворения поэта: Количество обращений к стихотворению: 184 |
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Французская поэзия | ||