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Альфонс де Ламартин (Alphonse de Lamartine) (1790-1869) «À Elvire» Oui, l’Anio murmure encore Le doux nom de Cinthie aux rochers de Tibur ; Vaucluse a retenu le nom chéri de Laure ; Et Ferrare au siècle futur Murmurera toujours celui d’Éléonore. Heureuse la beauté que le poëte adore ! Heureux le nom qu’il a chanté ! Toi qu’en secret son culte honore, Tu peux, tu peux mourir ! dans la postérité Il lègue à ce qu’il aime une éternelle vie ; Et l’amante et l’amant, sur l’aile du génie, Montent d’un vol égal à l’immortalité. Ah ! si mon frêle esquif, battu par la tempête, Grâce à des vents plus doux, pouvait surgir au port ; Si des soleils plus beaux se levaient sur ma tête ; Si les pleurs d’une amante, attendrissant le sort, Écartaient de mon front les ombres de la mort ; Peut-être… oui, pardonne, ô maître de la lyre ! Peut-être j’oserais (et que n’ose un amant ?) Égaler mon audace à l’amour qui m’inspire, Et, dans des chants rivaux célébrant mon délire, De notre amour aussi laisser un monument ! Ainsi le voyageur qui, dans son court passage, Se repose un moment à l’abri du vallon, Sur l’arbre hospitalier dont il goûta l’ombrage, Avant que de partir, aime à graver son nom. Vois-tu comme tout change ou meurt dans la nature ? La terre perd ses fruits, les forêts leur parure ; Le fleuve perd son onde au vaste sein des mers ; Par un souffle des vents la prairie est fanée ; Et le char de l’automne, au penchant de l’année, Roule, déjà poussé par la main des hivers ! Comme un géant armé d’un glaive inévitable, Atteignant au hasard tous les êtres divers, Le Temps avec la Mort, d’un vol infatigable, Renouvelle en fuyant ce mobile univers ! Dans l’éternel oubli tombe ce qu’il moissonne : Tel un rapide été voit tomber sa couronne Dans la corbeille des glaneurs ; Tel un pampre jauni voit la féconde automne Livrer ses fruits dorés au char des vendangeurs. Vous tomberez ainsi, courtes fleurs de la vie, Jeunesse, amour, plaisir, fugitive beauté ; Beauté, présent d’un jour que le ciel nous envie, Ainsi vous tomberez, si la main du génie Ne vous rend l’immortalité ! Vois d’un œil de pitié la vulgaire jeunesse, Brillante de beauté, s’enivrant de plaisir : Quand elle aura tari sa coupe enchanteresse, Que restera-t-il d’elle ? à peine un souvenir : Le tombeau qui l’attend l’engloutit tout entière, Un silence éternel succède à ses amours ; Mais les siècles auront passé sur ta poussière, Elvire, et tu vivras toujours ! Альфонс де Ламартин (Alphonse de Lamartine) Другие стихотворения поэта: Переводы стихотворения на другие языки Количество обращений к стихотворению: 188 |
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Французская поэзия | ||