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Жан де Лафонтен (Jean de La Fontaine) (1621-1695) «L’Enfouisseur et son Compère» Un pincemaille[1] avait tant amassé Qu’il ne savait où loger sa finance, L’avarice, compagne et sœur de l’ignorance, Le rendait fort embarrassé Dans le choix d’un dépositaire ; Car il en voulait un, et voici sa raison : L’objet tente ; il faudra que ce monceau s’altère Si je le laisse à la maison : Moi-même de mon bien je serai le larron. — Le larron ! Quoi ! jouir, c’est se voler soi-même ? Mon ami, j’ai pitié de ton erreur extrême, Apprends de moi cette leçon : Le bien n’est bien qu’en tant que l’on s’en peut défaire ; Sans cela c’est un mal. Veux-tu le réserver Pour un âge et des temps qui n’en ont plus que faire ? La peine d’acquérir, le soin de conserver Ôtent le prix à l’or, qu’on croit si nécessaire, — Pour se décharger d’un tel soin, Notre homme eût pu trouver des gens sûrs au besoin : Il aima mieux la terre ; et prenant son compère, Celui-ci l’aide. Ils vont enfouir le trésor. Au bout de quelque temps l’homme va voir son or : Il ne retrouva que le gîte. Soupçonnant à bon droit le compère, il va vite Lui dire : Apprêtez-vous ; car il me reste encor Quelques deniers : je veux les joindre à l’autre masse. Le compère aussitôt va remettre en sa place L’argent volé ; prétendant bien Tout reprendre à la fois, sans qu’il n’y manquât rien. Mais, pour ce coup l’autre fut sage : Il retint tout chez lui, résolu de jouir, Plus n’entasser, plus n’enfouir ; Et le pauvre voleur, ne trouvant plus son gage, Pensa tomber de sa hauteur. Il n’est pas malaisé de tromper un trompeur. [1] Avare. Жан де Лафонтен (Jean de La Fontaine) Другие стихотворения поэта:
Количество обращений к стихотворению: 176 |
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Французская поэзия | ||