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Эмиль Верхарн (Emile Verhaeren) (1855-1916) «Promenades» Je vis parmi les fleurs, les ruisseaux et les arbres. La ville ? elle est là-bas Avec ses millions de pas Et ses carrefours d’or, de basalte et de marbre ; La ville est loin des fleurs, des ruisseaux et des arbres. Dès qu’un peu de soleil m’y pousse ou m’y incite, Je fais visite, Comme à des rois, Aux trois tilleuls qu’on aperçoit Au bout du dernier champ qui limite les plaines. Je souhaite parfois Que leurs branches soient mon seul toit Et que le grand pan d’ombre Que déplacent, autour des troncs, les feuilles sombres, Soit ma légère et mobile maison : Je vivrais là, avec la pluie et la lumière, Au long des jours nombreux de la belle saison, Heureux d’être perdu dans l’immense horizon Et de sentir mon cœur aussi près de la terre ! Arbres, vous me diriez la souplesse du vent Qui danse et court et joue sur vos rameaux vivants. Vous me diriez ce qu’est l’endurance et la force Qui vous dressent sous l’armure de votre écorce Contre l’ample tonnerre et l’éclair contracté Et votre sève calme apprendrait la santé À mon corps où la sang précipite ses ondes À travers les réseaux de mes veines profondes. Arbres, non loin de vous, Un sinueux ruisseau coule sur les cailloux Et les rochers des bords poussent vers le ciel large, Toujours plus haut, leurs blocs rouges comme des targes ; Dans le courant diamanté, À l’endroit même où le jour se reflète, On voit aller, venir et s’abriter De longs poissons visqueux et veloutés ; Un insecte reluit dans l’ombre violette Et tout à coup, hors de l’eau nette, Saute l’ablette Courbant violemment dans l’air Un croissant clair. Et je plonge mes mains dans le flot qu’elles peignent Et mes doigts emperlés que j’en retire après Semblent serrer en eux des tas de joyaux frais Qui retombent et scintillent et puis s’éteignent ; Mais la claire et divine pureté Au long des bras a remonté Et lentement a pénétré Jusqu’au cœur de mon être, Elle habite mon front et se glisse en mes yeux. Oh ! mon âme, qu’il doit être doux et pieux, Le regard qui s’en va de toi vers la lumière À cette heure d’élan, de joie et de prière ! Et le vent monte et cueille aux pétales des fleurs Les pleurs De la pâle et candide et tremblante rosée. Les étamines et les pistils Disséminent dans l’air tant d’arômes subtils Que se porte aussitôt, vers les fleurs, ma pensée. Elles sont là Qui écoutent déjà Se rapprocher de leur clarté mon pas. Elles sont là, Tout au long du chemin qui vient de la rivière, Et la rose odontite et la jaune épervière Et l’âcre tanaisie et l’origan mielleux. Longtemps je les contemple et doucement les touche. Je leur donne l’amour que renferment mes yeux Et la ferveur vivante et rouge de ma bouche. Je me surprends plus net, plus candide, plus droit Lorsque je suis en leur présence salutaire, Et je fais mieux encor ma tâche sur la terre Dès qu’un peu de leur âme a pénétré en moi. Je pense haut et clair : toutes me sont amies Et de si simple ardeur et de si bon conseil ! Elles font même accueil à l’ombre et au soleil Et résistent sans plainte à la bise ennemie ; Elles vivent dans l’espace immense et déchiré, Cherchant en un coin maigre un peu de sol fertile, Mais acceptant tout ce qui est réel et vrai Et plaignant ceux qui les proclament inutiles. Ainsi, Après avoir près des grands bois déjà transis Armé mon être, La ville, au loin, dans les brumes peut m’apparaître Et m’appeler, avec sa grande voix ; Je m’y sentirai doux et fort tout à la fois ; Mon pas y sonnera sur les routes de marbre, Preste, rythmique, ardent, joyeux Et ceux qui m’y verront pourront lire en mes yeux L’ample clarté des fleurs, des ruisseaux et des arbres. Эмиль Верхарн (Emile Verhaeren) Другие стихотворения поэта: Количество обращений к стихотворению: 168 |
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Французская поэзия | ||