Французская поэзия


ГлавнаяСтихи по темам
Поэты по популярностиTop 100 стихотворений


Жан Ришпен (Jean Richepin) (1849-1926)
французский поэт, писатель и драматург



Перевод стихотворения Tristesse des bêtes на русский язык.



Печаль животных



Погас веселый свет небес
И солнце спряталось за лес.
На ветке дуба луч заката
Горит отливами граната,
Но бледный месяц уж зажег
В вечернем небе тонкий рог.
Пастух задумчивый с клюкою
Торопит стадо к водопою,
Толпятся овцы впопыхах,
Теряясь в пыльных облаках;
Зверей не видно в темном поле;
Из птиц одна еще на воле
Следит за стадом по пути,
Пугаясь близко подойти
И лишь в сторонке приседая.
Но вот уж нет ее. Мечтая,
Поет прерывисто сверчок.
Пастух играет в свой рожок,
Баран к земле рога склоняет.
Умолкли овцы. Выползает
Из влажной тени робкий гад,
И злые псы садятся в ряд.
Для всех печален вечер сонный!
В созвучьях песни монотонной
Тоскует жалобно пастух,
И чует зверь, что темный дух
На землю тихую слетает,
И всякий смутно понимает,
Какая скрыта западня
В закате радостного дня…
Немая ночь! Твоя забота
Расставить нам свои тенета,
Чтоб к утру светлому успеть
Наполнить сумрачную сеть!

Привет же вам, лучи дневные,
За то, что вы струи живые
Даете миру в добрый час!
Цветы красуются для вас;
Сверкая вашим отраженьем,
Подобно ценным украшеньям,
Блистает ранняя роса;
На вас любуются леса;
Колосья гибкие на нивах
Играют в ваших переливах;
Сияньем вашим обагрен,
Горит осенний небосклон,
И вами вскормленные вина
Нас греют в стужу у камина.
От вас кипит на сердце кровь
И зреет в женщине любовь.
И вот — без чудного светила
Земля печальна, как могила,
И потому под кровом тьмы,
Тоскуют звери, как и мы. 

Перевод: Сергей Аркадьевич Андреевский (1847-1918)


Tristesse des bêtes


Le soleil est tombé derrière la forêt.
Dans le ciel, qu’un couchant rose et vert décorait,
Brille encore un grenat au faîte d’une branche.
La lune, à l’opposé, montre sa corne blanche.
Vers les puits, dont l’eau coule aux rigoles de bois,
C’est l’heure où les barbets avec de grands abois
Font, devant le berger lourd sous sa gibecière,
Se hâter les brebis dans des flots de poussière.
Les bêtes, les oiseaux des champs, sont au repos.
Seuls, le long du chemin, compagnons des troupeaux,
Sautant de motte en motte après la mouche bleue,
On entend pépier les brusques hoche-queue.
Puis ils s’en vont aussi. La nuit de plus en plus
Monte, noyant dans l’ombre épaisse le talus
Où les grillons plaintifs chantent leur bucolique
En couplets alternés d’un ton mélancolique.
Sous la brise du soir les herbes, les buissons,
Palpitent, secoués de douloureux frissons,
Et semblent chuchoter de noires confidences.
À ce ronron lugubre accordant ses cadences,
Le vieux berger, qui souffle en ses pipeaux faussés,
Fait pâmer les crapauds râlant dans les fossés.
Or, le bélier pensif baisse plus bas ses cornes ;
Les brebis, se serrant, ouvrent de grands yeux mornes ;
Et les chiens en hurlant s’arrêtent pour s’asseoir.

Oh ! vous avez raison d’être tristes, le soir !
Elle a raison, berger, ta chanson monotone
Qui pleure. Il a raison, l’animal qui s’étonne
De l’ombre épouvantable et de la nuit sans fond.
Hélas ! l’ombre et la nuit, sait-on ce qu’elles font ?
Sait-on quel œil vous guette et quel bras vous menace
Dans cette chose noire ? Ah ! la nuit ! C’est la nasse
Que la Mort tous les soirs tend par où nous passons,
Et qui tous les matins est pleine de poissons.

Vive le bon soleil ! Sa lumière est sacrée.
Vive le clair soleil ! Car c’est lui seul qui crée.
C’est lui qui verse l’or au calice des fleurs,
Et fait les diamants de la rosée en pleurs ;
C’est lui qui donne à mars ses bourgeons d’émeraude,
À mai son frais parfum qui par les brises rôde,
À juin son souffle ardent qui chante dans les blés,
À l’automne jauni ses cieux roux et troublés ;
C’est lui qui pour chauffer nos corps froids en décembre
Unit au bois flambant les vins de pourpre et d’ambre ;
C’est lui l’ami magique au sourire enchanté
Qui rend la joie à ceux qui pleurent, la santé
Aux malades ; c’est lui, vainqueur des défaillances,
Qui nourrit les espoirs, ranime les vaillances ;
C’est lui qui met du sang dans nos veines ; c’est lui
Qui dans les yeux charmants des femmes dort et luit ;
C’est lui qui de ses feux par l’amour nous enivre ;
Et quand il n’est pas là, j’ai peur de ne plus vivre.

Vous comprenez cela, vous, bêtes, n’est-ce pas ?
Puisque, le soir venu, ralentissant le pas,
Dans votre âme, par l’homme oublieux abolie,
Vous sentez je ne sais quelle mélancolie.


Переводы стихотворений поэта на русский язык
Переводы стихотворений поэта на другие языки

Последние стихотворения



Французская поэзия