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Уильям Чепмен (William Chapman) (1850-1917) «Un groupe» Un groupe de Bohémiens Vient de s’arrêter dans la rue… Ils voyagent avec leurs biens Traînés par un boiteux qui rue. Cheminant par monts et par vaux, Épris de la grande nature, Ils font le trafic des chevaux Et disent la bonne aventure. Ils ont fait halte, vers midi, Étalant tout leur patrimoine… Le cheval, qui n’est pas bandit, Hennit pour avoir son avoine. Sur le toit du taudis roulant, Un grand singe à la barbe grise Danse et gambade en miaulant Et fait voir toute sa bêtise. Un vieillard, l’habit plein d’accrocs, Est assis à la vitre unique… Au seuil un chien montre ses crocs Au passant qui lui fait la nique. Le dogue pousse un aboiement, Quand quelque gamin tyrannique Se donne le fol agrément De faire ruer la bourrique. Ils sont indolents, paresseux, Vêtus comme des saltimbanques ; Cependant leurs goussets crasseux Sont gonflés de billets de banques. On ne peut les habituer Au travail : le vol les enivre. Ils sont trop lâches pour tuer, Mais aussi trop lâches pour vivre. Ces gueux n’ont d’autre logement Qu’une cahute vermoulue Où règne despotiquement Un hercule à la peau velue. Le cabanon marche avec eux Tiré par l’animal en nage. Ils y vivent sales, visqueux, À l’étroit comme en une cage. Deux petits garçons, à l’œil noir, Sont descendus de la voiture Et cherchent, barrant le trottoir, A vendre une immonde imposture. La foule leur fait des affronts. Le plus vieux, mécontent, exhale Sa mauvaise humeur en jurons, Tendant quelquefois sa main sale. Près d’eux, souriant aux badauds Attroupés devant une échoppe, Leur mère, un enfant sur le dos, S’offre pour tirer l’horoscope. Mais elle a beau montrer ses dents Dont l’émail sans tache étincelle, Et rouler deux grands yeux ardents, Rien ne tombe à son escarcelle. Soudain le père pousse un cri… La famille rentre frileuse. A son passage, l’homme, aigri, Lève sa grosse main calleuse. Il parle, l’air terrifiant, À la femme qui se dérobe Pour donner le sein à l’enfant Qui s’attache au pan de sa robe. Et pendant que sur ses genoux La mère veut endormir l’ange, Elle répond à son époux Par des mots tout suintants de fange. Au fond de cet intérieur Où l’œil avec dégoût se plonge, ― Le front mutin et l’air rieur, Pressant les pores d’une éponge, Une jeune fille est en train De laver une vieille Cène Et passe sur Jésus sa main En chantant un couplet obscène. Cependant le beau soleil d’or, Dont rien ne peut souiller la coupe, Toujours clément, répand encor Des rayons dorés à ce groupe. Et la nuit peut-être un oiseau Vient-il du ciel une minute Voir par la vitre le berceau Qui rayonne dans la cahute. Уильям Чепмен (William Chapman) Другие стихотворения поэта: Количество обращений к стихотворению: 175 |
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Французская поэзия | ||